Les vues animées

Les vues animées — Michel Tremblay, Babel, 1997

Les « vues animées » c’est ainsi que le petit peuple francophone du Québec nommait les films dans les années 50, en traduisant littéralement de l’anglais, le terme « motion pictures ».

Couverture du recueil de Michel Tremblay, Les vues animées
Couverture du recueil de Michel Tremblay, Les vues animées

Dans ce recueil de 12 récits le québécois Michel Tremblay raconte ses souvenirs sur les films qu’il a vu étant enfant.
Pour « aller aux vues » dans tous les cinémas possibles de Montréal, ou pour les voir à la télévision, le jeune Michel Tremblay fait des pieds et des mains, emmène ses jeunes voisins, sa mère parfois, et devient dès lors un amateur passionné de cinéma ; les vues de Walt Disney, Orphée de Cocteau à la télévision, Les visiteurs du soir de Carné et Prévert, film qui d’ailleurs va donner envie au jeune garçon d’écrire, et les films d’horreur qu’il raconte en détail à sa mère après les avoir vus.

La première nouvelle conte l’épopée pour aller voir à l’autre bout de la ville dans le quartier anglophone Cendrillon de Disney ; c’est une merveille d’humour et de plaisir.
Comme quoi voir des films, en enfance, est d’une importance capitale !

Mort d'un cycliste

Mort d’un cycliste

Mort d’un cycliste (Muerte de un ciclista) — Juan Antonio Bardem, 1955
Ce film dépeint la bourgeoisie espagnole sous le franquisme, bourgeoisie qui profite avec aisance du régime alors que le reste de la population vit dans la misère et dans l’injustice.

María-José épouse d’un riche industriel et son amant Juan professeur d’université, cachent leur relation adultère de la bonne société, et alors que María-José conduit  avec Juan à ses côté, elle tue accidentellement un cycliste et les deux amant le laissent sur le bord de la route et s’enfuient. Ce film dépeint l’injustice faite à ce cycliste tué et laissé mort sur le bord de la route par l’héroïne, qui ne se soucie que du qu’en-dira-t-on  et redoute que l’on découvre sa relation adultère. C’est aussi l’injustice faite à une étudiante privée de son diplôme par son professeur. Les interrogations des deux personnages, suite à ces évènements, vont les conduire au drame.  Juan se remet timidement en question, et elle devient une meurtrière.

Juan, Alberto Closas et María-José, Lucia Bosé
Juan, Alberto Closas et María-José, Lucia Bosé

Sans concession ce film n’est pas un film policier ni un film purement politique, mais un drame intimiste qui dépeint des êtres seuls enfermé dans un cercle vicieux duquel ils ne peuvent s’échapper ; la fin du film est éloquente qui revient presque au point de départ.
C’est un très grand film, digne des meilleurs films italien de la même époque, un film éclairé par la présence de l’actrice italienne Lucia Bosé, épouse du matador Luis Miguel Dominguín et mère de Miguel Bosé que l’on verra plus tard dans Almodóvar.